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« Mes heures bleues » - Leila Lissant Ercoli (lundi-littéraire)

Salut mes gastéropodes des îles,


« Mes heures bleues » - Leila Lissant Ercoli (lundi-littéraire) Manutea Rambaud maanurmd photographie polynésie littérature autochtone poésie poèmes tahiti tahitien

En cette douce nuit sauvage où résonnent au pied des jalousies les criquets locaux, incessants, tourbillonnants dans les hautes herbes qui depuis des mois attendent d’être coupées, frottant leurs pattes tels des violonistes dans le but ultime de pouvoir s’exprimer et ressentir quelques émois loin d’être censurés par les reportages animaliers.


Aujourd’hui, nous nous rencontrons pour de la douceur, des moments, des souvenirs, de la poésie. Et quel bonheur de pouvoir découvrir de la poésie en Polynésie ? Car bien souvent, ce genre n'est que peu mis en avant puisque “pas commercial”, mais aussi délaissé par les lecteurs car perçu comme “trop compliqué”. Cependant, nous avons trop en tête ces livres imposés par l’école dans le seul but de l’étudier puisque classiques de la littérature. Alors certes, nous pouvons y découvrir des livres qui nous font tomber à la renverse, mais c’est majoritairement perçu comme un calvaire par ces jeunes qui ne pensent qu’à se lancer des piripiri. Partons donc à la rencontre de Leila Lissant Ercoli avec son recueil « Mes heures bleues » édité par Littéramā'ohi en 2023 et préfacé par Chantal Spitz.



En 3 points → Poésie, hommage, voyage



 


ANATOMIE DE L'OUVRAGE


Cette œuvre de bleu vêtu, nous confie dès les premières images son sujet qui résonne à travers son titre. « Mes heures bleues », c’est un recueil de poèmes personnels, en hommage à la Terre, à notre Fenua, mais aussi à ses proches (ces chers à qui l’on tient tant). Ce sont des poèmes pour soi et à offrir pour Eux


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Le corps de ce livre est principalement rythmé par ces mots francophones, mais nous pouvons y trouver avec délice une sélection de poèmes rédigés en langue tahitienne. 

Aussi, quelques esquisses se meuvent en couleurs ou en traits et, comme des tableaux, c'est une visite au musée qui donne une tonalité plus palpable à ces mots brisés, ces mots apposés sur ce papier, ces mots offerts avec confiance, en toute intimité.



DES PRÉLIMINAIRES EN ÉMOIS


Comment ne pas débuter ces échanges d’extraits avec les quelques mots de Chantal Spitz qui donne ce premier battement de cœur à cette oeuvre.


« traversées des ombres pour restaurer l’essence exigence du regard pour assumer l’existence »

C’est un voyage dans la vie, les îles, les contrées à l’intérieur de soi.


« Quand le ciel et la mer ne font qu’un à l’horizon, Les vallées s’endorment paresseusement Et vient alors la nuit belle et troublante. »

Un multilinguisme qui nous enlace comme un parent perdu.


« Te ao māramarama A hiti mai tō’oe mau hihi ‘Ia tūrama te fenua ‘Ia ora te ta’ata ‘Ia tu, vai ti’amā noa tātou »

Un témoignage de ces instants suspendus, futiles pour certains, mais si précieux pour d’autres. 


« J’aime la nuit parce qu’elle est le refuge des poètes vagabonds,
J’aime la nuit avec ses étoiles qu’elle sème sur mon cœur.
J’aime la nuit à cause de mes colères tumultueuses.
J’aime la nuit comme elle revêt sa robe de ‘ōpuhi et de metua pua’a.
J’aime la nuit ainsi, je règne sur mon espace tant que le jour court ailleurs. »

Enfin, si nous devions terminer en coup de cœur, car oui, parmi tous ces écrits, il y en a forcément un qui me fait palpiter davantage, il s’agira du dernier. Oui, ce tout dernier nommé « Mon jardinier ». Et de par sa beauté qui touche ma sensibilité, je ne pourrais donner qu’un extrait car il serait fort dommage de ne sélectionner que quelques mots, subtilisant au texte toute sa pertinence.


Alors c’est avec fierté et bonheur que je vous invite à découvrir ce poème ainsi que tous ses compagnons.



UN METS POUR QUELLE DILETTANTE


Ce tendre recueil de poèmes qu’est « Mes heures bleues » est une lecture qui peut s’effectuer dès l’adolescence ainsi que pour les plus matures (il en va de soi). Toutefois, nous pourrions y apercevoir également une lecture orale pour les enfants, avant d’aller se coucher, à l’heure du goûter, ou à ces autres moments de plaisir en famille pour dire, partager et laisser en mémoire. Bien entendu, il est toujours préférable de sélectionner en avance (ou d’annoter les pages en les cornant, soulignant, fluotant, post-itant…) pour adapter le vocabulaire, les images, les histoires à l’âge concerné.


Donc oui, une lecture aux lecteurs et auditeurs pluriels, pour ressentir, s’émouvoir, se souvenir, dire, s’épanouir, s’échapper.


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LISSANT ERCOLI, Leila. Mes heures bleues. Editions Littéramā’ohi, 2023


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