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« La nuit des bouches bleues » - Jean-Marc Pambrun (lundi-littéraire)

Salut salut la littérature et les amoureux,

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Parfois, il n’est pas fort aisé de tenir un rythme décent lorsque l’on confronte temps de lecture, d’analyse, d’écriture, de composition visuelle puis de relecture.

Voilà plusieurs semaines, que dis-je ! Voilà déjà plusieurs mois qui se sont écoulés entre la lecture de cette œuvre et la décision de rédiger cet article. Nous devons donc remonter en Septembre dernier (2023) à Raiatea, où non près de l’habitation dans laquelle nous résidions, une bibliothèque, assez timide de sa pancarte, campe ici à littéralement 2 pas de notre porche.


C’est donc tirée par ma curiosité de littéraire en quête de pépite locale que nous nous y sommes rendus. Et mes recherches ne furent point vaines ! Je me suis, bien entendu, jetée sur le rayon « fonds polynésiens », cherchant à vive allure les auteurs en tête, le regard sillonnant par trop d'empressement, se perdant sur des noms, des titres, des sentiments allant en crescendo lorsque je commence petit à petit à découvrir les livres présents.

Quel bonheur envahit mon cœur lorsque je trouve une de mes quêtes principales : Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun. Je me suis saisis de 3 de ses œuvres, ne pouvant embarquer qu’une quantité limitée, d’autant plus que d’autres auteurs m’appelaient.



En 3 points → Cultures, Histoires, résilience



ANATOMIE DE L'OUVRAGE


Commençons sans plus attendre avec « Les bouches bleues », une pièce de théâtre en vers (en octosyllabes plus précisément, et ce n’est qu’avec du recul que je m’en suis aperçue. Finalement, heureusement que s’effectue tardivement cette rédaction). C’est un dialogue qui s’effectue entre Elle et Lui (mais pas que).


  • Elle, La Fée de l’eau symbolise la culture de la Bretagne.

  • Lui, Rua-Tini vient du Havaiki (ancien nom de Raiatea) berceau polynésien.

  • Entrecoupé d’un Choeur.

  • Suivi par le personnage de La Femme qui dort.


C’est donc principalement un dialogue, une discussion, un échange entre Lui et Elle, 2 cultures différentes, où des pensées se rejoignent, où sont révélés des non-dits, où l’Histoire est livrée, une colère, une blessure, mais toujours une résilience, un recul, une prise de conscience, elle y perdure, car là réside l’évolution des pensées et l’élévation de l’âme.


J’avoue toutefois qu’à la lecture des premières lignes, j’ai eu quelques difficultés de compréhension et j’ai dû m’y prendre à deux fois pour comprendre l’entièreté ainsi que la profondeur de tous les propos. Et puis comme tous premiers essais en planche, lorsque nous comprenons la lecture des vagues, nous nous laissons glisser puis c’est un réel bonheur qui nous envahit.



DES PRÉLIMINAIRES EN ÉMOIS


A l’instar d’autres œuvres que j’ai pu présenter, je ne peux me laisser aller quant au partage des extraits. La sélection fut compliquée mais voici toutefois celles qui m’ont le plus touchées.


« Tant que je n’aurais pas compris A quoi est destinée ma vie, Je n’accorderai pas de trêve A mes désirs ni à mes rêves. » - La Femme.


« Les écrivains les plus sincères Ne cherchent pas à satisfaire Aux exigences des puissants. Leur cœur écrit ce qu’il ressent.
Ce n’est pas la langue en usage Qui fait toujours un bon ouvrage, C’est la force de son langage Et la beauté de ses images. » - Elle.

Au fil de ma lecture je me rends compte qu’un vocabulaire redondant brille dans ces extraits. Est-ce mon choix car ils me parlent plus que les autres, ou sont-ils réellement présents dans le corps et ce, dans son entièreté ? Je ne peux l’affirmer car l'œuvre est désormais retournée à son étagère et seul persiste les mots que j’ai pu annoter sur mon carnet.


« Quelle que soit notre amertume, La destruction de nos coutumes, Ne peut pas être entièrement Imputée au continent blanc.
Nous n’avons nul besoin de lui Pour nous voir sombrer dans la nuit. Quand s’éveille notre courroux. Notre pire ennemi, c’est nous. » - Elle.

Terminons enfin avec une note qui résonne : l’Espoir.


« Ils nous chassèrent de partout Quand ils n’eurent plus foi en nous. Le rêve est le seul univers Dont ils ne pourront se défaire.
Tant que des hommes rêveront, Et des songes se nourriront Pour trouver un peu de bonheur, Nous serons toujours dans leur cœur. » - Le Chœur.


UN METS POUR QUELLE DILETTANTE


Il est des livres qui ne devraient pas rester dans le « fonds polynésien » des bibliothèques, mais devraient être des classiques de la littérature polynésienne pour notre jeunesse. Pour mieux se comprendre, nous, notre identité et les Autres. Redonner voix à des pensées.


→ Étudier notre littérature est une richesse pour notre être intérieur.


Je le pense et le crie haut et fort, nous devons faire revivre ces mots qui ont une grandeur bien plus infinie que l’on ne pense. Prochainement, je compte faire une sélection de littérature classique polynésienne et débuter une analyse. Mais avant de me lancer dans tout ça, expliquons ma position.


En effet, si j’avais eu la possibilité, plus tôt, d’avoir accès à ces livres, je pense que j’aurais compris plus rapidement certaines choses. Ce lien entre l’homme et la nature, cette Histoire, les différences culturelles,etc. (si nous devions citer que cela). Il y a une réelle transition littéraire lorsque l’on dépasse le milieu physique du livre. Nous arrivons à nous, notre Passé, avec cette résilience accompagnée par le chœur.


Donc oui, cette littérature est accessible à tous, pour la jeunesse, pour nous, notre avenir, nos souvenirs et notre présent.


« Alors se lèveront, glorieux, Des hommes aux yeux lumineux, A l’esprit clair et courageux, Et au cœur noble et généreux. » - Le Chœur.

Ce fut donc une belle découverte, une première œuvre qui a comblé toutes mes attentes. J’attendais avec impatience de tenir entre mes mains une œuvre de Pambrun, il est arrivé à un moment opportun, faisant suite à des lectures qui, malgré leurs origines lointaines, font toutes écho aux mots de l’univers, à des maux pansés, en soin ou en quête.



PAMBRUN, Jean-Marc Tera’ituatini. La nuit des bouches bleues. Ed. Moorea : Les éditions de Tahiti, 2002


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