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Hiro « Pehepehe i tau nūnaa » - Le Lundi-littéraire

Salut mes p'tits gastéropodes incandescents,


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Dans le silence de nos îles, j’entendais le murmure d’un chant, imperceptible, dans une langue que je ne connaissais pas mais qui me communique des émotions que nul autre langage pouvait m'offrir. Et dans ce vaste univers dans lequel nous prenons place, je me plaît à écouter ces histoires d’un autre temps.


Désormais, j’écoute cette langue plus familière, je lis ces mots aux échos sincères, irréprochablement vrais dans ma conscience nouvelle, dans ce nouvel âge où les choses sont perçues avec tendresse. La caresse du vent sur mon visage, la pluie grisonnante dans les vallées, les murmures devenus des voix appellent et je leurs réponds. Je me saisis de ces mots envoyés aux heures les plus tardives comme au moment les plus diurnes. Je les laisse guider cette encre à bille qui, sans relâche, ressent le besoin de partager ces quelques pensées, ces lectures découvertes, ces écrits qui émeuvent, frissonnent et réchauffent ces cœurs naguère endoloris par cette solitude méconnue.

Ainsi, ce sont sous ces phrases que nous présentons ce recueil de poèmes « Pehepehe i tau nūnaa » signé par Henri Hiro, édité par Haere Pō en 2011.



En 3 points → Poésie, voix, souffle




ANATOMIE DE L’OUVRAGE


Dans cette œuvre de poèmes, certains sont en français, d’autres en tahitien, parfois quelques-uns sont traduits et d’autres non. Les grands caractères offrent une aisance visuelle reposante qui permet une lecture tardive sans trop tirer sur la jeunesse de nos globes oculaires. 


C’est également un petit ouvrage qui peut se lire au goûter, avec plaisir, en plaisir sucré au coin du lit, apposé sur la table de chevet où la lumière grésillante de l’ampoule fatiguée de ces insomnies répétées, donne encore quelques éclats de clarté pour lire ces quelques rimes qui embaument le cœur d’une étreinte chaleureuse.


« C’est un appel à la vie, un appel du cœur. O Oihani, ô Oihanu.” »


DES PRÉLIMINAIRES EN ÉMOIS


Débutons notre périple poétique avec une apostrophe au lecteur.


« Maeva ! Maeva hua i te tāura ma'ohi ! Mānava hua ia 'outou e to teie naho'a tini, i roto i te arofa tupuna ra ! Mānava hua i te fārereiraa !
Haere rā ! Haere e 'ia vai ā rā ! E 'ia vai ā ! » - Fero.

Un premier nœud dans ce tressage que constitue le lien qui nous unit tous.


« Donne-nous ta main, qu’on se rencontre. Allons à la rencontre de ton monde et du nôtre. Relevons-nous d’un souffle unique ! Relevons-nous d’un seul élan ! Relevons-nous l’âme grandie ! »

Toutefois, dans ces vers posés sur le papier, se révèlent quelques vérités bien présentes encore dans notre modernité croissante.


« Toi qui regardes ces jeunes et les juges, toi qui les insultes et les méprises, croyant que ton expérience t’en donne le droit ! Toi qui les nargues en les montrant du doigt, toi qui les voudrais soumis et livrés à tes juges, toi qui souhaites que leur voix se taise
[...]
As-tu oublié que toi, au fil de tes jours, tu as mordu à belles dents dans le fruit défendu ? Regrettes-tu amèrement ton paradis perdu ?
[...] »

Ces quelques extraits sont, comme à chaque fois, insuffisants pour honorer son auteur. J’espère toutefois que ces écrits ont pu attirer l’attention de quelques-uns. Alors, avant de terminer ces préliminaires livresques, achevons avec des mots d’Henri Hiro lors d’une interview également présente dans cette œuvre.


« Pour assurer cette continuité, il faut que le Polynésien se mette à écrire, c’est la deuxième étape. D’abord il a agi, en construisant son fare, la maison polynésienne. Maintenant il doit écrire et ainsi s’exprimer, peu importe que ce soit en reo mā’ohi, en français ou en anglais. L’important est qu'il s’exprime, faites-le ! »


UN METS POUR QUELLE DILETTANTE


« Pehepehe i tau nūnaa » est un recueil de poèmes pour tous, même pour les enfants. Nous pouvons aisément y sélectionner des extraits ou des parties entières, toujours vérifiées au préalable bien entendu lorsque ce n’est pas une édition expressément faite pour l’âge concerné.


C’est un appel au cœur, un appel au corps et à l’âme. C’est une danse onirique à laquelle je me suis jointe, valsant à travers ses mots. Des pas bien concis que j’ai suivi à la lettre, m'entraînant en des nuages rêveurs qui donnent réponse à ce qui taraude le plus et empêche le sommeil.




HIRO, Henri. Pehepehe i tau nūnaa. Haere Pō, 2011

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