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« et la mer pour demeure » - Chantal Spitz (lundi-littéraire)

Dernière mise à jour : 7 nov. 2023

Salut les littéreux !


Tu connais peut-être déjà le principe du lundi-littéraire que j’ai débuté en story sur mon compte Instagram. Néanmoins, je vais faire un petit rappel ici si tu le découvres :

Le lundi-littéraire, c'est un rendez-vous hebdomadaire en story (en fonction de mes dispos et mes lectures) à travers duquel je présente un livre que j'ai lu récemment, ou déjà lu, mais aussi des sélections coup de coeur, rythmé par des extraits pour montrer la plume et l'idée.


Bon, après vérification il est vrai que le nom les lundis littéraires existe déjà. Tout comme le Confin’Art que j’avais lancé en 2020. Je me suis sûrement branchée sur le câble du cloud des idées sans le savoir, d’où le nom similaire.


Soit soit, tout ça pour dire que je ne savais pas que ce nom existait déjà lorsque je l’ai lancé, bien que le nom et la manière de divergent. Z’ici, le “lundi-littéraire” c’est un rendez-vous 1 fois par mois sur ce blog pour parler des lectures que j’ai faites, d’Océanie ou d’ailleurs pour partager mes ressentis, exprimer ce qui a pu me faire naviguer dans l’imaginaire, qu’il soit le mien ou celui de l’auteur.



En 3 points → Histoire de vie, souvenirs, témoignages



ANATOMIE DE L’OUVRAGE


Pour commencer ce premier lundi-littéraire à l'écrit sur mon blog, comment ne pas débuter avec mon auteur coup de cœur local, Chantal Spitz ? Toutefois, procédons notre analyse à contre-courant, avec son dernier recueil publié en 2022 chez Au Vent des îles.

Un recueil de nouvelles sous le titre “et la mer pour demeure” qui, comme son intitulé, délaisse ponctuations et majuscules pour laisser place à une oralité qui s’habitue assez rapidement à la lecture. Pour les non-avertis, cela peut être déstabilisant. Pour les lecteurs déjà connaisseurs de l’auteur, c’est un plaisir que l’on prendra à chacune de ses publications, dans chaque ligne, au fil de son écriture.

Ce, certes, petit recueil de 7 nouvelles, est toutefois semblable à une gourmandise à travers laquelle, une bouchée est un voyage dans un espace hors du temps où dénonciations, sociétés, réalités sont mises en avant. Une lecture à l’apparence courte, mais à la dégustation succulente.


« je l’écoute me détailler son sujet d’étude Polynésienne à la fin du XXe siècle : représentations et réalités je m’interroge sur l’indigence des intelligences universitaires gluées dans la poursuite dévorante de la chimère que l’imaginaire occidental a accouchée »



DES PRÉLIMINAIRES EN ÉMOIS


Chaque nouvelle est un plongeon direct dans des émotions.


« j’aime ces moments à l’abri des dernières étoiles que la folle lumière du soleil n’a pas encore éteintes quand les vagues s’offrent dans toute leur impétuosité
monumental privilège immense présent fondamentale présence »

Néanmoins, ce sont surtout des remontées vers la réalité, avec des histoires de vie. Non pas des images stéréotypées que la Polynésie transporte avec elle depuis déjà des générations, mais plutôt des vérités non dites, un silence brisé, ce fameux silence aux nombreuses significations que l’on ne cesse de porter à nos côtés.


« il se souvient du tourment qui engraisse sa colère de la frustration qui gave sa violence de la jalousie qui enfle sa haine pour le laisser pantelant de redoutables violences
il se souvient de sa raison qui s’engloutit dans un chaos tranchant que l’alcool aiguise »

A la première lecture, on s’engouffre dans son monde qui, au premier abord, est rythmé par une oralité non ponctuée dans l'orthographe, avec des mots et des phrases qui touchent, caressent ou balafrent mais quelles qu'elles soient, laissent des traces.


« inhabilité à se désencombrer des modes vestimentaire alimentaire langagier inoculés par trois siècles de soumissions de dépossessions de violations
purs produits d’une culture hors-sol qui confond folklore et essence »

Puis à la seconde lecture, notre analyse appuie les mots, les explique progressivement et l'on comprend mieux l'histoire, ainsi que son rythme, avec ses différents échos.

La disposition de son texte devient plus claire et l’émerveillement s’enclenche. C’est un feu d’artifice qui anime les tripes, des papillons qui batifolent et font vibrer notre gorge d’éclats de “wow”, la tête encore troublée par la fin de l’histoire, mais émerveillée par sa profondeur, son message, ses sentiments.


« elle ressemble à tous ces papa’ā qui nous sourient sans nous voir nous questionnent sans nous entendre nous photographient sans nous révéler »

Quant aux chutes, ce sont des remontées rapides, sèches et directes vers ce dont on ne s'attend pas. Une sensation aussi lourde qu’une apnée dont on aurait oublié de faire les paliers. Et à ce moment même où l’on pense que nos dernières minutes se sont écoulées, nous reprenons notre souffle, la tête hors de l’eau, le corps accroché au lit, de sueurs et de tremblements intempestifs, rappelant alors et nous rassurant toutefois, d’être éveillé. Chaque fin de nouvelle est une chute aussi délectable que le mariage d’un café brûlant qui, de son arôme amer et de sa chaleur ardente, touche notre palais encore chaste de saveur, pour être ensuite goulûment adoucit par le sucre d’une meringue torsadée.




UN METS POUR QUELLE DILETTANTE ?


De mon point de vue, je dirais que “et la mer pour demeure” est une œuvre qui se lit dès l’adolescence, lorsque l’on s’intéresse aux auteurs locaux, que l’on souhaite se créer une bibliothèque de l’Océanie, ou tout simplement curieux de la manière dont c’est écrit, comment les messages sont véhiculés et quels sont-ils !


« les enfants essaieront de consigner l’histoire dans les mystères de l’oubli
de faire de leur existence une absence un effacement une amnésie
arracher les images les cris le désordre d’un chaos convulsif
espace fugace qui dévore leur passé rapine leur présent extorque leur avenir »




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