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Pambrun « La Lecture » - Le Lundi-littéraire

Salut mes petits gastéropodes congelés,


Pambrun « La Lecture » - Le Lundi-littéraire Manutea Rambaud maanurmd photographie littérature francophone pacifique océanie moderne article livre polynésie française tahiti

A l’ombre de nos souvenirs se réveille une histoire. Mais pas n’importe laquelle. Il s'agit de ces histoires d’amour et de perception, d’incompréhension et de position, où sous la pluie glaçante d'un décembre lointain, résonne le récit d’une lecture improbable. Et à ce moment même de l’écriture, la pluie fine mais perpétuelle, brise le silence constant. Elle apaise les plantes assoiffées, nettoyant les ailes salies des hérons par les brins d’herbes collants, fraîchement coupés par le ronron braillard de la débroussailleuse.

Et tandis que les draps sont humidifiés par la moiteur du climat indécis, c’est dans la chaleur de quatre murs bien solides que nous entamons notre rencontre livresque « La Lecture » de Jean-Marc Pambrun. Une pièce de théâtre en 3 actes des Éditions Le Motu de 2009.


Avec un supplément illustration de la couverture par Jean-Luc Bousquet (2009).


En 3 points → Lecture, responsabilité de l’auteur, liberté créatrice



ANATOMIE DE L'OUVRAGE


Si nous devions encadrer (de manière forcée) le récit de cette œuvre, « La Lecture » s’en verrait forcée à briser ce mur, instable et aisément modulable. En effet, dans cette fable théâtrale en 3 actes, nous nous embourbons dans une mise en abîme des plus euphorisantes, celle du genre à briser le quatrième mur à l’instar du comics « Deadpool » (c’est-à-dire remettre en question, momentanément ou constamment, la séparation symbolique entre la fiction et le public).


Et comme si le fait de bousculer le spectateur/lecteur ne suffisait pas, tout ceci est rythmé par des alexandrins savoureux : une dinguerie littéraire (si je puis me permettre ces quelques propos familiers).


Néanmoins, si nous devions rapidement finaliser ces présentations, 3 personnages se distinguent de cette histoire, apportant un écho mais surtout, une confrontation temporelle pas piqué des hannetons.


« Ton corps est une scène ouverte sur le monde, Visible ou invisible, admirable ou immonde. Quand tu lis une histoire, en moins de dix secondes, Ta parole est captée à des lieues à la ronde. »


DES PRÉLIMINAIRES EN ÉMOIS


C’est l’histoire d’un amour, d’une vie d’antan, brisée, incomprise, enfermée comme hors du temps.

« [...] Et un jour l’océan dépose sur la terre Un homme différent de tous mes congénères… C’est la curiosité qui m’a poussée vers lui. Il ne ressemblait pas aux hommes de mon clan. Il sommeillait le jour, il travaillait la nuit, Il avait les yeux clairs, il était hors du temps. Je passais des journées entières à l’épier, Et à le suivre dans tous ses déplacements, Quand le jour déclinait, il s’en allait à pied Jusqu’au bout de mon île à l’orée du couchant. » MAÏTE

Et puis le rêve.

« Je suis une îlienne et… Je ne vois que la mer Au-delà… On se perd dans notre imaginaire. » MAÏTE

Jusqu’à ce que le quatrième mur se brise en des miettes informes, difformes, bien que nécessaires et pourtant peu vitales au final.

« Combien d’âmes perdues cloîtrées dans ces ouvrages Ont été condamnées à chacune des pages A aller et venir, tels des rats dans leur cage, Dans un temps immobile et d’éternel servage !? L'ÉVADÉ.

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« Comment des mots sans vie, même les plus savants, Pourraient-ils engendrer des être bien vivants ?Le verbe ne peut pas être à ce point puissant Pour former sous la plume un animal pensant. » MARYON.

Enfin, terminons avec cette révolte commune encore d’actualité que l’on peut malheureusement, mais aisément constater dans ce quotidien, hors du Tourisme véhiculé par la carte postale soigneusement saturée et bien heureuse d’être aveuglée.

« [...] Et puis regarde-toi ! (Elle tire sur son pagne) C’est quoi ces oripeaux !? Comme s’il suffisait d’un pagne et d’un chapeau, De connaître la langue et les moeurs indigènes Pour se croire intégré et nous singer sans gêne. » MAÏTE


UN METS POUR QUELLE DILETTANTE


« La Lecture » est une pièce de théâtre qui peut être lue à partir de l’adolescence. Que dis-je ? Elle pourrait même être étudiée en milieu scolaire ! En effet, c’est une pièce que l’on peut décortiquer à souhait de par sa complexité d’écriture. Nous pouvons ainsi repérer et compter les alexandrins, discerner la diversité des sujets et son format, amener une première approche de la thématique du « quatrième mur brisé » afin de comprendre l’impact que cela peut avoir sur l’oeuvre en elle-même mais aussi sur les spectateurs/lecteurs.  De surcroît, de nombreuses œuvres cinématographiques et littéraires peuvent être découvertes par la même occasion puisqu’elles utilisent ce même procédé, renforçant ainsi la compréhension des apprenants sur cet aspect parfois ambigu de la création et de cette barrière entre les personnages fictionnels et la réalité dans lequel nous évoluons.


Mais soit, nous ne sommes pas ici pour préparer un cours sur cette œuvre, alors laissez-vous embarquer dans ce voyage fictionnel et théâtral, mais à vos risques et périls ! Une découverte littéraire comparable à ce choix entre la pilule rouge de la vérité ou de la pilule bleue de la naïveté, de l’ignorance satisfaite.


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PAMBRUN, Jean-Marc Tera’ituatini. La Lecture. Editions Le Motu, 2009


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