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« Hakanā » - Marin Ledun (lundi-littéraire)

Dernière mise à jour : 7 nov. 2023

Salut salut les voyageurs de l'esprit,

Le lundi-littéraire Hakana de Marin Ledun Manutea Ramnbaud maanurmd tahiti

Le chant de l’Automne entonne un nouveau rythme dans cette fraîcheur de brises incertaines, tandis que les rafales se sont calmées pour laisser place à un silence où coqs et véhicules de l’air donnent leurs avis sur ce qu’il se passe autour.

En ce lever matinal, nous nous embarquons pour une œuvre coup de cœur, dévorée en peu de temps, ayant fait vibrer toutes les cellules de mon corps, qu’elles qu’en soient la manière.

Des frissons de bonheur à d’intenses émotions de colère et d’empathie, l'ascenseur émotionnel fut à son apogée et ce, tout au long de cette lecture.


N’étant pas de la catégorie des lecteurs du genre science-fiction, j’ai toutefois été intriguée par cet ouvrage d’où j’en ressors ravie. Je ne sais pas si nous pouvons le qualifier de dystopique bien que ce soit de cette manière que je le perçois. Et pourtant, tout porte à croire le contraire.

Soit, n’en dévoilons pas plus ici et partons à sa rencontre.



En 3 points → Marquises, science-fiction, Histoire



ANATOMIE DE L'OUVRAGE


De ses quelques douces pages d’un blanc cassé vêtu, c’est une lecture qui se fait, de ce que je pourrais appeler, « en compartiments ». En d’autres termes, nous avons l’histoire principale, entre-coupé d’une seconde histoire parallèle qui s’avère être des comptes-rendus d’une autre époque.


Il est assez difficile de ne pas tout dévoiler en un seul coup, donc nous allons essayer de semer quelques miettes sans pour autant laisser choir ce gros morceau de pain que l’on tente d’émietter, bien qu’on ait une envie puissante de le dévorer et de n’en faire qu’une bouchée. D’autant plus qu’il vient tout juste de sortir du four et nous nous souvenons aisément de quel bonheur il s'agit que de se délecter d’une mie moelleuse encore fumante de sa cuisson.


Dernier aspect particulier de cette œuvre avant que nous nous égarions davantage, les annotations concernant le lieu, le jour et le temps (en terme d’heure) indiqué à chaque début de récit. Un détail, il en va de soi, mais important, appuyant cette sensation de course contre la montre.



DES PRÉLIMINAIRES EN ÉMOIS


Du fait que ça soit un petit ouvrage, nous n’allons pas nous étaler sur les extraits, accentué (toujours plus) par le fait que tout est haletant !


« Les figures matahoata en forme de visage humain du large tatouage qui recouvre ses épaules semblent s’animer. Les yeux immenses du dessin tracé sur la peau fixent Rim avec bienveillance et sérénité, comme pour dire « Je suis là. Ne t’inquiète pas. »

Nous retrouvons également des descriptions étalées sur 4 phrases, une spécialité d’assaisonnement phrastique que j’apprécie, tout bonnement parce que j’ai tout autant plaisir à réaliser cette tartine im-pau-able.


« Le vaka fend sans discontinuer la surface irisée des eaux de Paepaeàki. Les cris de la bataille qui fait rage sur la plage de Vainahō s’estompent peu à peu, dissous dans le souffle régulier du rameur, le clapotis de l’eau contre la coque et l’écho des rafales de vent contre les parois abruptes des falaises basaltiques qui protègent la baie de l’océan. »

Et puis il y a des mots, des pensées qui résonnent.

« Nous ne sommes pas tous des colons, chez moi. Nous sommes le fruit de notre histoire et nous portons les erreurs de tous les puissants qui ont pris les mauvaises décisions, mais nous ne sommes pas tous comme eux. »

Je me permets aussi d’insérer un petit échange entre 2 personnages, brièvement, car tout ceci a son importance.


« Il la dévisage :
- Mais Rim, un peuple qui ne danse plus est un peuple qui meurt !
Elle tend la main et lui caresse la joue.
- Je sais. »

Terminons enfin avec un extrait qui fait écho à tous, quelque soit l’endroit d’où l’on vient, quelque soit l’environnement dans lequel nous avons grandit.


« Vous ne devriez pas sous-estimer la colère d’un peuple qui a peur pour l’avenir de ses enfants. »



UN METS POUR QUELLE DILETTANTE

Quel plaisir de pouvoir compter cet ouvrage parmi les romans pour adolescents (mais pas que !) car il a cet aspect historique, cette couleur des mots, ce vocabulaire, ce langage qui nous parle et ce, sans hoqueter, sans grimacer ou railler. Donc oui pour les adolescents, et les adultes en seront également ravis.

Je vous invite donc à découvrir ce livre et partez à l’aventure de votre imaginaire.



LEDUN, Marin. Hakanā. Ed. Au vent des îles, 2023


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